planque


planque

planque [ plɑ̃k ] n. f.
• 1829; de planquer
Fam.
1Lieu où l'on cache qqch. ou qqn. cachette.
Arg. policier Être en planque : se cacher pour épier, surveiller. ⇒ planquer.
2(1918) Fig. Place abritée, peu exposée; place où le travail est facile. combine, filon. Ce boulot, c'est la planque !

planque nom féminin Populaire Lieu où l'on se cache, cachette. En temps de guerre, lieu, situation où l'on est à l'abri. Action de surveiller quelqu'un en se cachant ; lieu d'où l'on fait cette surveillance : Faire une planque. Situation bien rémunérée et où le travail est facile.

planque
n. f. Fam.
d1./d Cachette.
d2./d Poste agréable, peu exposé.

⇒PLANQUE, subst. fém.
A.Arg. ou pop.
1. Endroit où l'on cache de l'argent, des objets précieux, un bien acquis frauduleusement. Va porter la camelotte à la planque (VIDOCQ, Vrais myst. Paris, t.1, 1844, p.18). Folcoche doit chercher ma planque. Mes planques, plutôt.I, cloison. II, carreau descellé (H. BAZIN, Vipère, 1948, p.257). Investi pour cette opération quasi militaire [une rafle anti-drogue], l'îlot Chalon a été ratissé. Des chiens spécialement dressés ont reniflé les innombrables planques possibles (Le Point, 20 févr. 1984, p.68, col. 1).
P. méton. Objet ainsi caché (généralement une somme d'argent, des économies). Synon. magot. Un de ces superbes papillons rarissimes qu'il chasse pour le compte d'un collectionneur, ce qui augmentera sa planque en vue de «la belle» qu'il tentera un jour ou l'autre (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p.206). C'est chez les gonzesses qu'ont du carat qu'on trouve les plus belles planques. Seulement faut se les farcir (Pt Simonin ill., 1957, p.72).
Rem. À noter l'empl. masc. de planque pour désigner le mont-de-piété. Quand j'mets quéqu'chose au Planque, j'fourgue tout d'suite la r'connaissance pour avoir pus à m'en occuper (BRUANT 1901, p.322).
2. a) Lieu où l'on est en sûreté quand on est recherché par la police ou par des ennemis. C'est le docteur qui reçoit et transmet les messages des agents de liaison, qui a organisé le poste de secours dans la maison du boulanger, qui trouve les planques pour les jeunes, pour les juifs, pour les traqués (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p.387). T'as fourgué quelque chose d'important? (...) j'commençais à m'inquiéter de toi. Peut-être qu'tu t'étais fait mettre en tôle (...) je m'suis souvenu de cette cabane (...) on ne pouvait pas faire mieux comme planque (VIALAR, Clara, 1958, p.151).
b) Pendant la guerre des tranchées, trou, abri protégeant du tir de l'ennemi. Zyeutons un peu l'terrain [de l'attaque imminente]: (...) Comm' planqu', à part les trous d'marmites, autant dir' qu'y a presque rien (ESN. 1956).
P. anal. En temps de guerre, emploi, position qui permet de ne pas participer au combat. Tu te figures que tous les soldats sont des héros. Mais non, ma pauvre amie: Mathieu est scribouillard dans un vague état-major; il est aussi tranquille qu'à l'arrière (...). Ils appellent ça une «planque» dans leur argot (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p.158).
P. ext., fam. Emploi, situation à l'abri de tout risque, de tout tracas. Avoir la planque, une bonne planque. En 1962, avec l'indépendance de l'Algérie, des centaines de harkis ont débarqué à Marseille, qui avaient été les ennemis les plus féroces du F.L.N. et risquaient d'être égorgés s'ils étaient restés en Algérie. Ces harkis, qui n'avaient aucune envie de travailler, cherchaient des «planques» (Le Nouvel Observateur, 9 nov. 1966, p.32, col. 4):
1. Le vice, c'est la santé. C'est l'eau des plantes, le vin de pas mal, les femmes de beaucoup, l'éther de quelques-uns, la politique d'autres encore. Moi, c'est la pêche. Je suis gâté. De la Samar je vois la Seine, et je vends des hameçons toute la semaine. Je suis un voyeur qui serait machiniste au Mayol. La planque.
R. FALLET, Paris au mois d'août, 1982 [1964], p.13.
B.P. méton., arg. de la police. Surveillance discrète d'un objectif déterminé, des agissements d'une personne suspecte; p.ext., surveillance discrète des faits et gestes d'une personne ou de ce qui se passe dans un lieu donné. Pendant un mois, les policiers allaient effectuer de discrètes surveillances dans le secteur, et c'est ainsi que jeudi soir, alors qu'une fois de plus, la «planque» avait été vaine, ils croisèrent la R14 (L'Est Républicain, 16 oct. 1983, p.11, col. 8):
2. [Les] photographes sauvages, vautours de la profession qui, au prix de très longues ,,planques``, de poursuites infernales et de moyens pas forcément scrupuleux, recherchent en priorité le cliché scandaleux et scabreux, (...) cette photo qui fera le tour du monde et rapportera très gros à son auteur.
Les Dossiers du Canard, juill. 1986, n° 20, p.28, col. 1.
Loc. usuelles
(Être) en planque. Pendant que j'étais là en planque, je voyais arriver de très loin le cortège des concurrents [créanciers]... Ils s'élançaient vers la boutique... Ils gigotaient devant la vitrine... Ils secouaient la lourde avec rage!... J'avais emporté le bec de cane... Ils auraient tout déglingué (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p.474). Au diable (...) l'autre lardu pourri, en planque, ce crétin, dans une entrée d'immeuble! (BOUDARD, La Métamorphose des cloportes, 1962, p.119).
Faire la/une planque. Le souteneur qui fait la planque pour voir si sa femme travaille bien et sourit avec assez de grâce aux clients (GORON, L'Amour à Paris, Paris, J. Rouff et Cie, fasc. 5, 1900, p.67). Nous avons alors amené devant son immeuble (...) l'un des principaux témoins de l'affaire, la concierge de l'immeuble du 173, rue Saint-Honoré, Mme Micheline Bertin. Et nous avons attendu que l'inspecteur en sorte pour qu'elle puisse le voir. C'est ce que les reporters appellent «faire une planque». Cette «planque» a duré plusieurs jours (Le Point, 7 janv. 1974, p.21, col. 1).
Établir, monter une planque. Mettre en place un dispositif de surveillance discrète (par exemple à partir de voitures banalisées, de fourgonnettes commerciales). Les services de Renseignements généraux et de la Police judiciaire de Lille établissaient des «planques» près du domicile de quelques militants lillois d'extrême-gauche soupçonnés de liens avec «Action Directe» (Libération, 19 nov. 1984, p.17, col. 2).
Tenir la planque. Par la portière du taxi, Nina vit que les poulets tenaient déjà la planque devant sa crèche (Pt Simonin ill., 1957, p.225).
Prononc.:[]. Étymol. et Hist. 1. [1829 en planque «caché pour observer» (arg. police d'apr. ESN.)] 1835 «cachette» ([RASPAIL], Réf. pénit., 20 sept., p.2); 2. 1918 (DAUZAT, Arg. guerre, p.276: planque, f., bon emploi, «embusquage»). Déverbal de planquer.

planque [plɑ̃k] n. f.
ÉTYM. 1829; de planquer.
1 Fam. (d'abord argot). Lieu où l'on cache qqch. ou qqn. Cachette. || Truand en fuite qui cherche une planque.Être en planque : se cacher pour échapper à des poursuites, des recherches.
1 Vivant en cavale, traînant des avis de recherche, déménageant de planque en planque, nous nous détendions au babillage des amoureux, nous y trouvions une berlue.
A. Sarrazin, la Cavale, p. 248.
Argot anc. || Faire la planque : se cacher pour observer. Planquer (se).
2 Le souteneur qui fait la planque pour voir si sa femme travaille bien, et sourit avec assez de grâce aux clients, devient d'une jalousie féroce dès que sa marmite fait semblant de vouloir se donner à un autre souteneur (…)
Goron, l'Amour à Paris, t. I, p. 67.
2 (1918). Fig. Place abritée, peu exposée; place où le travail est facile. Combine, filon, planqué. || Il a trouvé une planque. || C'est la bonne planque !
3 (…) Mathieu est scribouillard dans un vague état-major; il est aussi tranquille qu'à l'arrière; peut-être même plus que nous ne le sommes en ce moment. Ils appellent ça une « planque » dans leur argot. Je m'en félicite pour lui, d'ailleurs.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 158.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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